“Comment vous voulez qu’on plante si on ne brûle pas ?” : près de Novo Progresso (centre-ouest), une des zones d’Amazonie parmi les plus touchées par les incendies, la déforestation et les brûlis pour nettoyer les champs ne faiblissent pas, selon l’AFP.
A 70 km de Novo Progresso, ville amazonienne du sud de l’Etat de Para, les flammes dévorent depuis plus d’une demi-heure une parcelle de la propriété de Pedro Gomes, 48 ans, fermier sur des terres que lui a cédées le gouvernement brésilien il y a quelques années.
L’homme, qui n’a pas souhaité donner son vrai nom, chapeau de cow-boy vissé sur la tête et visage buriné par le soleil, fait partie des milliers d’agriculteurs et d’éleveurs de la région amazonienne qui ont recours aux incendies volontaires pendant la saison sèche pour préparer la terre, éliminer les parasites, cultiver du maïs, du soja ou encore planter de l’herbe pour le bétail.
“Pour les satellites de l’Institut national de recherche spatiale (INPE), ceci est un foyer d’incendie. Vous pouvez le croire?”, lance avec un sourire l’agriculteur, appuyé sur le portail d’entrée de son exploitation de 48 hectares, une surface modeste à l’aune brésilienne.
L’INPE, qui compile des données sur les feux en cours, fournit chaque mois les statistiques de la déforestation dans le pays.
“Ca c’est un brûlis, ce n’est pas un incendie. Et s’il déborde, la forêt l’éteint”, insiste Pedro Gomes, avant de demander comment il est possible de planter “si on ne brûle pas”.